LA SÉLECTION 2022

Isère

Uncarné

« Uncarné » chante l'essence du corps universel comme objet ultime du désir. Un carnaval de chair déshumanisée d'une violence latente mais douloureusement attirante. Un oxymore. Est-ce humain, animal, mort en vie, viande ? Une chimère. Dépouillé de ses attributs, ne reste que la matière primitive ; mythique, électrique ; parfois lubrique, parfois christique, une confrontation en équilibre, ambivalente. A point. Le style abstrait et décontextualisé laisse affleurer les parts manquantes, esquisse une recherche de l'empreinte de l'invisible dans le visible où le temps n'a plus cours.

Laurent Barrera,

Var

« Tokyo Koï »

Laurent Barrera envisage chacune de ses images comme des haïkus photographiques, créations qui, par leur forme, invitent à la poésie.
La nature constitue son terrain d’expression privilégié et sa source d’inspiration première et l’émerveillement que suscite son spectacle constitue le point de départ de son travail. Il recherche sans relâche les configurations inédites de lumière et de couleurs qui subliment la réalité. Celles-ci sont synonymes de mystère et ont une dimension impalpable qu’il s’efforce de retranscrire avec ses images. Chacun est invité, à cette occasion, à plonger dans cet univers formé de moments uniques et non réplicables.

Sandrine Bouillon,

Hauts de Seine

René, tante Su et les vosgiens

Rochesson, Basse-sur-le-Rupt, Gerbamont, ces petits villages des Hautes-Vosges abritent René, Suzanne, Maurice, Pierre et bien d'autres voisins depuis toujours. Ils ont connu le travail de la terre à la charrue et aux bœufs, les kilomètres à pied dans le froid et la neige pour se rendre à l'école, l'absence d'électricité, le maquis et les représailles allemandes ...

Lou Bracq,

Loire

Par ses autoportraits, Lou Bracq, en tant que femme, interroge son image et questionne le regard porté sur le corps féminin. Longtemps dépendant du regard masculin, il se renvoie désormais à lui-même et ne se soumet qu'à son propre regard. Ses autoportraits sont une manière de s'observer avec bienveillance en tentant de se débarrasser des injonctions et attentes portées par autrui. Vaste quête, entre illusion mensongère et subjectivité menant au vrai.

Thierry Camus,

Paris

Le Corps Urbain

La ville est l’inépuisable source d'inspiration de Thierry Camus : le Corps Urbain, un milieu à capturer, avec ses lignes, ses courbes, ses angles et ses contrastes, pour en révéler sa rigueur et parfois sa fantaisie. Ses images sont graphiques, jouant avec la géométrie, à la recherche d'entrelacs de passerelles, de poutres, de barres métalliques, de câbles, de lumières ou d'ombres. Elles sont capturées de manière frontale, minimaliste, dessinant les formes sur un ciel bleu profond pour exacerber force et matérialité mais aussi pour laisser l'imagination s'envoler...

Michel Cardot,

Rhône

QO MI DO

Michel Cardot pratique une photographie contemplative. Il part d’une réalité souvent anodine et en extrait une image abstraite, picturale et graphique qui laisse le champ libre à .....

Sophie Carpene,

Val d’Oise

L’or noir de la forêt cubaine

Sophie Carpene nous invite à partager sa rencontre avec des charbonniers dans la forêt cubaine : « Petit Matin : la brume se lève lentement avec le soleil et habille d’un voile de douceur la forêt cubaine. La nature s’éveille et bruisse de mille et un bourdonnements..................
Au détour d’un sentier, une fumée âcre, épaisse, nous prend à la gorge. Très rapidement les camaïeux de vert et d’ocre s’effacent laissant la place à la vision monochrome d’un des plus vieux métiers cubains : celui de charbonnier. Un métier d’une pénibilité telle que partout ailleurs en Europe il a été automatisé. »

Pierre Crabbe,

Rhône

Les silos à grains

Qui regarde encore les silos à grains dans le paysage de nos terroirs ? Ces silos. majestueux ou rudimentaires, les bâtisseurs les ont fait tutoyer les cieux ou rester petits, près du sol, dans les ports, au bord des routes ou près des élevages. Ces géants d'acier ou de béton ont supplanté les greniers des anciens. Par ce qui appartient au photographe, l’angle de vue, le cadrage, la lumière, Pierre Crabe modifie notre perception, du banal il fait de l’art.

Maryse Dardaillon,

Gard

"Un été à Narew"

Curieuse des gens et des cultures du monde, Maryse Dardaillon s'intéresse à l'exploitation des milieux naturels ou agricoles par I‘homme. On peut citer son travail sur les pêcheurs de la Baltique, les charbonniers de Cuba ou les vendangeurs du Vaucluse. A Narew, un village polonais situé à 30km de la frontière avec la Biélorussie, elle a partagé la vie de Nadzia et Janek qui vivent là avec leurs poules et leur jument Zuczek. Ses images les accompagnent dans leurs activités au fil de l'été, à la maison et pendant leurs sorties aux alentours du village. Témoignage d'un passé qui disparaît, bientôt rattrapé par la modernité.

Régis David,

Drome

Paradis perdu

Régis David a grandi à Dunkerque, proche des paysages industriels du Nord avec la sidérurgie, métallurgie, construction navale, pétrochimie, raffinerie... et même, avec le nucléaire à partir des années 70 - 80 . Quelques décennies plus tard, l’appareil en bandoulière, il s’est rendu à plusieurs reprises vers Lavera, Port de Bouc, Fos sur Mer. Il a retrouvé un environnement qu’il connaissait. Il nous propose des images d’un paysage dénaturé et déshumanisé mais sous la lumière et les teintes du sud.

Cédric Daya,

Loire

À Breza

Ici, nous n’allons pas au musée d’une mine racontée par nos anciens. Nous rencontrons des mineurs du village de Breza situé à 30 kilomètres de Sarajevo. La mine reste encore le premier employeur de la ville dans un pays où environ 90 % de l'électricité est produite grâce au charbon. Ce marché domestique est le seul débouché commercial pour Breza : le lignite exploité ici ne peut pas être exporté vers l'UE en raison des réglementations environnementales et l’avenir de la mine est aujourd’hui menacé.

Laurent Hutinet,

Isère

Gouttes d’eau

Laurent Hutinet sait quoi faire des gouttes d’eau ! Il les colore et les fait entrer en collision. Patiemment, il fait les fait tomber au bon moment pour capter ces instants fugitifs et magiques où des sculptures s’offrent à l’objectif de son appareil.

Gilbert Lange,

Puy-de-dôme

Au jour le jour

Gilbert Lange s’est tenu à relever un défi un peu fou ! Publier sur le web, sur le thème de l’érotisme, un triptyque par jour pendant un an. Il nous en offre ici une sélection. Trouver où se cache la sensualité est une olympiade sans limites. Ces courbes ? Ce rayon d'or matinal ? Cette transparence d'un jus d'agrume ? Ce regard surpris ? Ce simple biscuit ? Ce pli ? A suivre sa piste chacun et chacune peut s'abandonner en une intimité comblée d'énergie, son propre monde fantasque, sa sensibilité.

Sylvie Leeloo,

Bouches du Rhône

Les disparus de Terezin

Entre Prague et le camp de Térézin, Sylvie Leeloo a voyagé en train, dans un vieux compartiment, en tête à tête avec un vieil homme au regard pénétrant, leurs échanges de regards l’ont inspirée, elle l’a baptisé Václav et a imaginé qu’il serait notre guide. C’est au travers des yeux de Václav, que nous allons suivre le chemin conduisant au camp de concentration de Térézin.

Martine MMB,

Loire

Au delà des apparences

Martine Morelli associe différentes photographies en fractales ou montages numériques. Elle offre ses émotions à fleur de cœur pour que vous les receviez à fleur de peau... C'est lorsqu’elle perd la notion du temps, qu’elle touche un instant d'éternité en saisissant la magie du moment . C’est quand la musique de son âme transparaît dans ses créations que l’imaginaire laisse voir au delà des apparences. Elle aime éveiller la sensibilité de chacun...

Marie Meulien

Drôme

Presbyterian Church

Au XIXe siècle, les îles Andaman sont sous domination britannique. Face à la capitale Port Blair, sur l’île minuscule de Ross Island, résident les administrateurs du plus grand bagne politique du monde... Marie Meulien dédie ce travail de mémoire aux victimes de Cellular Jail, et aux prisonniers politiques d’hier et d’aujourd’hui. Ancien paradis colonial du sud de l’Inde, Ross Island est aujourd’hui envahie par la jungle. Quelques ruines témoignent d’une tragédie humaine oubliée. Une violence sourde émane des images.

Pierre Mingot,

Loire

Admiratif des dadaïstes et de leur dissidence, Pierre Mingot découpe, superpose des supports transparents "rephotographiés" au scanner. Ainsi, ces photos-fusions permettent un ressenti personnel, imaginaire et inattendu. Le procédé fait hésiter sur l'origine de ces photos : actuelle ou mi-20e siècle ? "Si créer c'est faire oublier ce qui précède" il ne veut surtout pas faire oublier les photographes surréalistes mais s'en rapprocher et donner envie, aussi, de revoir leurs créations.

Laurent Pouget,

Rhône

L’ombre de tes cils

Laurent Poujet réussit à figer une émotion et à nous la faire partager. Petits sourires en coin, lèvres qui se tordent, main dans les cheveux, plaisirs subtils qui nous laissent nous émouvoir d’un moment fragile... Retour sur des instants intimes, des souvenirs, des émotions liés à une délicate féminité, des images, des moments de vie... la chaleur de l’existence.

Jean-Michel Pouzet,

Vendée

Les Nouvelles Visions Surjectives

Jean-Michel Pouzet est un photographe plasticien. Ses clichés représentent des objets photographiés en gros plan sur un écrin de ciel, objets qui perdent toute signification objective, totalement détournés de leurs fonctions premières. La présence d’un texte montre une facette littéraire de la photographie. L’image et le texte s’entrelacent et s’illustrent mutuellement, l’image ayant été le germe de l’idée présentée. Le visiteur est appelé à faire usage des deux lectures : celle du texte, celle de l’image et de les goûter ensemble comme si l’une était le miroir de l’autre, comme si l’écrit plus l’image étaient le texte et la musique d’une « chanson photographique »

Pascal Sentenac,

Seine et Marne

Les excentriques

La série que nous propose Pascal Sentenac vise à réhabiliter et à remettre le clown sur le devant de la scène , à savoir l’appeler à l’aide, à le sentir en chacun de nous. Faire le clown ou être excentrique, c’est faire valoir une manière de regarder le monde, c’est mettre la réalité à distance, c’est faire les choses sérieusement, mais sans jamais se prendre au sérieux. Alors oui, un regard de clown peut désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles.

Lucas Zambon,

Isère

Jeu de silence

Lucas Zambon nous propose des images de natures regardées avec douceur qui oscillent entre la mort et la vie. Elles sont réalisées par l’application d'une solution argentique photosensible sur différents supports (bois et toile). Une conversation muette s'opère entre le support et l'image ainsi révélée. La pratique multiple de Lucas Zambon allie photographie, écriture, film expérimental et installation immersive. Il s'inscrit également dans une démarche performative où se mêlent tarot, lectures poétiques ainsi qu'une pratique du conte.

Erich Zann,

Isère

Au Travers du Miroir

Curieux de ce que vit l’être humain, Erich Zann se pose et nous pose la question de ce que recouvre l’image de soi. Sommes-nous réellement ce que nous montrons aux autres ? Sommes-nous réellement ce que nous montrons à nous mêmes ? Il va tenter quelques réponses par l’image .photographique. Il accompagne des personnes qui passent la porte de son studio dans le changement du regard qu'elles posent sur elles- mêmes. Le visiteur est invité à prendre part à la réflexion sur ce que signifie (re)devenir soi-même.