La contribution des photographes de la sélection de Photos dans Lerpt 2025
« La liberté guidant le peuple des photographes.
Dans cette réinterprétation spontanée du célèbre tableau de Delacroix, nous échangeons les fusils et les baïonnettes contre appareils, objectifs, trépieds.
Nous plaçons une liberté rayonnante au centre, comme une guide, un repère qui éclaire nos chemins de photographes.
Liberté d’exprimer notre vision du monde, de définir le sens de notre vie.
Liberté de partir, à vélo, en voiture, à pied, à la rencontre des oubliés des médias, des gens touchant par leur grain de folie et leur humanité.
Liberté de se pencher tout près de l’infiniment petit, et de poser un regard tendre et émerveillé sur les diablotins, papillons et autres représentants du petit peuple de l’herbe.
Liberté de rendre visible les corps et cœurs cassés, ébréchés.
Liberté de faire exploser les ballons dans une éclaboussure, comme autant d’éclats de rire, et d’en saisir la magie.
Liberté de cultiver le mystère, de donner corps à la disparition, dans un geste surréaliste.
Liberté d’être différente, et de cultiver le décalage.
Liberté de capter chez l’Autre cette différence, et de nous la tatouer sur la rétine.
Liberté de faire corps avec l’arbre, le rocher, l’océan, et de nous rappeler notre juste place.
Liberté de nous donner à voir ce qui se cache sous le tapis de notre société.
Liberté de cultiver la lenteur du geste, du procédé, comme pour célébrer le temps nécessaire à la vie intérieure.
Liberté de jouer à être soi et un autre, de rendre hommage aux grands maitres et de cultiver la dérision.
Liberté de sublimer la solitude et de nous rappeler à la nôtre.
Liberté de faire d’une épreuve un support de création, et d’ainsi transformer le plomb en or.
Le fanion du festival Photos dans Lerpt flotte au vent, brandi par cette liberté contemporaine.
Cette mise en scène collective est avant tout un hommage tendre au festival, une façon de saluer ces femmes et ces hommes qui œuvrent dans l’ombre, pour que l’Art et la culture ne soient pas relégués aux oubliettes.
Démarche on ne peut plus salutaire, car quoi qu’on en dise, l’art est bien un essentiel !
Merci à toute l’équipe ! »
