Les photographes de la Sélection
Jacques Boguel
Ambassador city
Amoureux de l’inde, Jacques Boguel est tombé sous le charme des Ambassador, voitures d’origine anglaises fabriquées dans le Kolkata (ex Calcutta) à partir de 1958 jusqu’en 2014. Si elles deviennent rares dans tout le reste du pays, elles constituent encore la majorité des taxis de de Kolkata, remarquable exemple de voitures durables, appréciées des chauffeurs pour leur robustesse, comme des clients pour leur espace intérieur.Quant à Kolkata, loin d’être la cité apocalyptique dont nous avons l’image en occident, c’est une ville accueillante, agréable et vivante, ou le photographe n’a rencontré que sourires et complicité.
- Loire
Brut de Peaux
(Marion Coulomb et Thibaud Ponce)
Existences plastiques
Alors que l’humain s’entête à ravager son propre vivant, que reste-t-il de la puissance du règne animal dans nos existences ? Nos baleines sont-elles vouées à muter en mammifères plastiques, nageant dans des océans aux microparticules de polyéthylène téréphtalate ? Dans cette série composée de 3 triptyques, BRUT DE PEAUX explore un chemin d’auto fiction dans lequel les glaciers deviennent tièdes et où les fantômes d’abeilles nous guident vers l’absurde.
BRUT DE PEAUX c’est un duo photographique et une tribune poétique avec le corps comme traducteur de nos utopies et de nos impuissances.
- Drôme
Site internet : www.brutdepeaux.com
Annelyse Cabaroc
Colors of Memory
Cette série, réalisée à l’aide d’un boîtier argentique, est née d’un besoin de raconter autrement, de poser un regard attentif, intime sur ce qui l’entoure. Ses images murmurent des souvenirs, font renaître les émotions enfouies, une mémoire sensorielle qui s’exprimerait en couleurs, en lumières. La palette nostalgique évoquant les années 80, crée un espace suspendu, soulève une question : comment construisons-nous nos souvenirs ? Les avons-nous vécus ? vus dans les album de famille ? Partageant ces fragments de son histoire, elle offre à chacun la liberté d’y projeter la sienne, d’y trouver une résonance intime…
- Loire
Chambre six
promised land
A travers symboles et métaphores, cette série dénonce le conflit du Moyen-Orient et illustre les privations, souffrances, blessures et deuils qu’endurent les victimes civiles des deux côtés des barbelés. En réponse à la confiscation des images sur le terrain, l’humain s’efface des clichés au profitt de l’objet. Chaque tableau dessine ainsi une nature morte sur fond capitonné évoquant à la fois la douceur et la mort.
Ne fermons pas les yeux.
Ne laissons pas l’histoire se reproduire.
- Hauts de Seine
maeva delacroix & patrick guedj
paresse
Maeva et Patrick photographient en voyageant, dans la rue, les chambres d’hôtels, les transports. Ils s’attardent sans raison, ratent les horaires de visite, suivent la direction de la lumière. Ils voyagent à l’ancienne, sans performance, en rêveurs. Envers et contre l’accélération du temps humain, ils érigent la paresse en acte de résistance, hédoniste et attentif au monde. Ils photographient à l’argentique, sans retoucher, alternent les boîtiers et les pellicules, car le trait d’union entre leurs images, c’est la poésie.
Leur livre PARESSE est accompagné d’un parfum, composé par le nez Daphné Bugey.
- Paris
site internet: maevadelacroix.com patrickguedj.com
Bénédicte Hanot
Empreinte organique
La puissance de la nature surpasse les actions destructrices de l’homme. Cette série, pensée tel un hymne à la résilience de la nature, raconte les connexions réciproques entre les éléments et un regard posé sur eux, en toute humilité. Son empreinte s’inscrit au plus profond de nous. Le projet a germé au cœur de l’hiver, saison durant laquelle le monde végétal, dénudé, dévoile ses fondements. A travers des teintes proches du bleu de Prusse typique du cyanotype, des traits qui s’apparentent aux estampes japonaises et une texture qui apporte de la consistance à l’insaisissable, les mondes s’interpellent dans une quête d’harmonie.
- Bouche du Rhône
site internet: https://benedictehanot.com/
Hee sun joo
sunday tribe
Hee Sun Joo explore la frontière entre peinture et photographie. Chaque dimanche, une personne traverse le même rituel : choisir un fond à motif, une position confortable, puis préparation de l’argile et enfin douceur du pinceau sur la peau. Le modèle ne pose plus devant un fond, il l’habite, s’y dissout. La photographie fusionne le corps et le décor. Ce projet est avant tout un moment de soin et d’intimité pour redécouvrir le toucher comme un lien primitif et la terre comme matière originelle. Chaque photographie raconte une rencontre, un partage brut et sensible, et une tribu se dessine, une empreinte après l’autre.
- Loire
site internet: https://heesunjoo.wixsite.com/artwork
Eric Marynower
Moi tout seul
Éric Marynower est Éric Marynower, c’est tombé sur lui sans qu’on ne sache bien l’expliquer.
A deux ans il proteste face à ses parents voulant l’aider : « moi tout seul ! ».
Les adultes rient de cette expression récurrente, il persiste, ce n’est pas une blague !
Il se constate, se découvre, s’invente, il crée des autoportraits en une seule prise, sans montage ni retouche, en exploitant uniquement les possibilités des temps de pose longs.
Il cherche à déformer l’espace-temps avec une lampe de poche et un appareil photo.
À la fois photographe, modèle et éclairagiste, il crée moi tout seul avec ses deux associés : le hasard et le réel.
- Isère
Laurence Paryzak
a l'arrière des berlines
Cette série évoque des souvenirs d’enfance, de trajets familiaux interminables qui laissaient naître des songes et émerger des monstres.
Que reste-t-il de ces traversées ?
Des empreintes intimes.
Une fascination pour les pylônes électriques, compagnons éphémères d’émotions enfouies.
Laurence a exploré la mémoire des chemins parcourus, des fêlures révélées au fil des lignes électriques qui tissent une toile de résonances intérieures.
Les images issues d’un sténopé numérique, mêlées à des photographies anciennes, dévoilent un temps devenu flou, des réminiscences de blessures oubliées, interrogent la fragilité d’une identité en construction .
- Rhône
Marc Querol
Concordances urbaines
Capter des instants fugaces est le leitmotiv de tout photographe de rue : voir dons le banal, le quotidien, des situations éphémères où les éléments créent une scène qui sort de l’ordinaire.
Il est étonnant de voir comment un instant, un lieu précis peuvent répondre à un autre instant, un autre lieu par associations de couleurs, formes ou situations. Deux images sans rapport viennent s’allier et se transcender mutuellement.
L’exposition est composée d’une vingtaine de diptyques urbains oit la curiosité du spectateur est attisée par ces associations de photos urbaines à découvrir.
- Isère
Martine Ravet
Epure
C’est un voyage poétique dans la nature ordinaire, en France. Sans espèces exotiques ou destinations lointaines. Le fruit d’une quête, souvent solitaire, sur plusieurs saisons.
Le noir et blanc permet un rapport distancié avec la réalité, une vision abstraite, dans une approche minimaliste et graphique qui permet de décoller du réel. C’est une fenêtre ouverte sur le rêve. Suggérer plutôt que montrer. Une silhouette plutôt qu’un gros plan. Ses sources d’inspiration sont l’art japonais du sumi-e ainsi que les photographies de Mickael Kenna. Le rendu final est tout en sensibilité et en délicatesse.
- Loire
Olivier Roché
Aménager le temporaire
Dans le cadre d’un projet nommé « C’est libre », Olivier Roché est allé avec une amie à la rencontre de demandeurs d’asiles et de mineurs non accompagnés dans des squats ou des structures officielles.
Le but : recueillir des témoignages de vie, les illustrer par des photographies.
Pour cette série, une douzaine de clichés, deux squats.
Les premiers lieux visités, les premières rencontres, les premières émotions.
Ces personnes leur ont ouvert les portes de « chez eux », dévoilé des communautés formées avec leurs règles, leur organisation et où chacun tente de se sentir chez soi. En quelque sorte d’aménager le quotidien.
- Loire
Cristel sassonia
Infinités humaines
Cette série explore la relation entre l’homme et l’immensité de la nature, où le sujet humain semble se fondre dans un paysage infiniment vaste. Le choix d’une composition minimaliste et de tons doux, presque monochromes, crée une atmosphère apaisante et intemporelle, qui évoque la solitude mais aussi la connexion entre individus dans ce grand espace. . Le regard est attiré par les silhouettes humaines, mais c’est surtout l’espace autour d’elles qui domine et invite à la contemplation.
Cristel cherche à susciter une réflexion sur la place de l’homme dans la nature. C’est un appel au ralentissement, à la contemplation, et à retrouver une harmonie avec notre environnement.
- Rhône
Alain second
Abstractions concrètes
Ses photographies sont des images fidèles de réalités concrètes. Ses sujets sont soit insignifiants : taches, rebuts, objets sans valeur, soit des objets plus ou moins (re)connu, présentés sans aucun souci documentaire, sans effet particulier.
En présence d’une photo, la première activité consiste à reconnaître le sujet : personne, paysage ou objet. C’est souvent plus difficile sur ses images !
Mais si la sempiternelle question « qu’est-ce que c’est ? » avait comme objet non ce qui est représenté, mais l’image elle-même ?
Plutôt que chercher à identifier, à reconnaître, le spectateur peut alors ressentir, imaginer…
- Haut-Rhin
Michel tellia
Là où rêvent les arbres
Michel Tellia consacre depuis plus de quarante ans son regard et sa sensibilité à la nature qui l’entoure, aux grands espaces sauvages, avec un attachement tout particulier à la Loire.
Il arpente cette nature pour y explorer ses humeurs, ses silences, ses lumières, ses mystères.
Sa démarche ne relève pas de la seule observation, elle est un acte de contemplation, d’écoute, de lente immersion dans les rythmes du vivant.
Avec une approche émotionnelle et poétique de la nature, l’appareil photo devient pinceau, la lumière matière première.
Cette exposition nous invite à rêver avec les arbres.
- Indre et Loire
tom
obstination
La montagne est habitée, il y a de la lumière la-haut. Cette beauté céleste me fait signe, ma curiosité s’aiguise. Dois-je m’y précipiter ? attendre que mes ardeurs s’apaisent ? Ce clair obscur ravage mes sens et me captive. Il faut absolument que j’aille voir… Mon obstination est viscérale. C’est alors que ce que tu vis au sommet te change profondément et te devient indispensable.
Il est erroné de penser que les himalayistes n’ont pas d’état d’âmes, ce projet relate leurs états d’esprit en constant équilibre entre peur et bravoure, euphorie et angoisse ou douleur et jouissance
- Hérault
Site internet : http://ericvareilhes.smugmug.com
Bernard Treynet
Contrastes islandais
Islande, terre de contraste.
Le contraste est partout :
d’un lieu à l’autre,
d’une saison à l’autre,
d’un instant à l’autre.
Parfois, ce contraste se révèle
au même instant,
en un même lieu,
au sein même d’un unique paysage …
Cette série tente de révéler la beauté de ces paysages grandioses qui, au premier abord, nous semblent froids et hostiles et au sein desquels l’Homme apparaît tellement petit et frêle devant la puissance de cette nature si particulière.
- Ardèche
Site internet : http://bernard.treynet.com
Uninstant-svp
Héritage
Elle photographie l’humain avec douceur et poésie, attentive aux émotions discrètes qui se nichent dans un geste, une lumière, un instant suspendu. Pour elle chaque personnalité, chaque corps, recèle une part singulière, souvent invisible, qu’elle aime à révéler.
Avec Héritages, elle explore le trouble entre peinture et photographie. De loin, on croit voir un tableau : lumière dorée, teintes chaudes et profondes.
On s’approche. Et soudain, la peau. Ce basculement est une invitation à ralentir, à laisser le regard se réajuster entre le pictural et le réel, entre passé et présent.
- Rhône
Younobo
Liberté
Bruno Bourlé, alias Younobo, artiste photographe, explore les thèmes du graphisme, de la féminité, de l’identité, donnant un sens à l’image dans un monde où elle est rapidement consommée.
Pour lui, une photographie doit créer une rencontre, susciter une émotion, laisser une trace durable, être un langage intime source de partage ou de questionnement. Son approche privilégie la sincérité du moment.
Avec « Liberté », il propose un regard sensible sur les bonheurs simples d’une étudiante étrangère, des instants de vie dont certains n’ont pas conscience de la richesse, alors que d’autres y aspirent en secret.
- Moselle
Zip
ceci n'est pas une poire
« Regard affuté, cerveau bouillonnant, les sens en éveil, Zip ne cesse d’imaginer, de chercher, de faire des liens pour donner vie à des images qui lui ressemblent, diverses, poétiques, humoristiques, posées ou instantanées. Passionné et insatiable curieux, il s’inspire de tout ce qui l’anime pour donner vie à des projets.* » Découvrant une nature morte de Denis Brihat montrant une poire, il a immédiatement pensé à un corps de femme et décidé d’en faire son interprétation. Montrer des corps de femmes, mais de manière différente, avec des femmes de tous âges, 24 à 76 ans, et de toutes couleurs de peau.
*Laure Sessin
- Loire
